Devis mutuelle : comment s’y retrouver ?

À l’heure de choisir sa mutuelle santé, il est plus facile de se perdre que de trouver facilement le bon contrat. Entre les différents types de mutuelles (individuelles, familiales, entreprises, groupe à adhésion facultative), les différents niveaux de garantie, les différentes façons d’exprimer les chiffres, les bases de remboursement de la sécurité sociale, les forfaits, les pourcentages… Avouez qu’il est plus simple de trouver une aiguille dans une botte de foin. Quant à savoir comment faire pour calculer les montants remboursés entre son régime de sécurité sociale, le ticket modérateur, le reste à charge, la part prise en charge par la mutuelle, on se demande s’il ne faudrait sortir de HEC pour savoir comment choisir sa mutuelle… Sans parler des opérations commerciales des différents assureurs…

Alors comment faire pour bien lire un devis ? Comment être sûr d’avoir opté pour la bonne complémentaire santé ? En bref, comment choisir ? Sur quelles bases se fixer, sur quels critères s’appuyer pour enfin faire le bon choix ? Nous nous proposons donc via ce modeste site de vous donner des pistes de réflexions qui vous aideront à vous retrouver dans ce maelström d’offres qui semblent toutes plus intéressantes les unes que les autres.

 

Les différents types de mutuelles.

Et pour commencer, faisons la distinction entre une mutuelle d’entreprise, une mutuelle individuelle et une mutuelle familiale.

 

La mutuelle d’entreprise.

Depuis le 1er janvier 2016, la mutuelle d’entreprise est devenue obligatoire. Si elle était déjà proposée dans de nombreuses entreprises avant cette date, son caractère rendu obligatoire a redéfini le marché des mutuelles en France. Le principe de départ est de pouvoir proposer aux salariés d’une entreprise une protection sanitaire, venant compléter les prises en charge de la caisse de sécurité sociale.

demande de devis - nos conseilsLe gros avantage de cette protection sociale tient surtout au fait que son coût est amoindri pour le salarié par rapport à une mutuelle individuelle qu’il aurait pu souscrire par ailleurs. En effet, la loi oblige l’entreprise à prendre en charge 50 % du montant de la cotisation. Mais cette obligation entraîne aussi quelques inconvénients. Nombre d’employeurs proposent effectivement des mutuelles à leurs salariés, juste par ce qu’ils y sont obligés.

Et comme la mutuelle est obligatoire, c’est-à-dire qu’elle prend obligatoire ment le pas sur une mutuelle individuelle, il n’est donc pas rare de trouver des salariés très peu ou très mal couverts. D’autre part, lorsque vous choisissez votre mutuelle vous-même, vous le faites en fonction de vos besoins réels de santé. Or, ici, la mutuelle d’entreprise n’en fera aucun cas. Le modèle sera le même pour tous les salariés. Ou comment, sous prétexte de protection sanitaire pour tous, faire le jeu des assureurs et des employeurs sans considération pour les salariés assurés… Car au final, l’offre obligatoire (et payante) n’étant pas satisfaisante, le salarié doit souscrire d’autres types de couverture. Car il est interdit de cumuler deux mutuelles pour une même personne.

 

La mutuelle familiale.

Dans le principe, une mutuelle familiale couvre tous les membres de la famille selon les termes d’un contrat unique, regroupant tous les membres. L’avantage principal se trouve surtout sur le coût par personne de la mutuelle, forcément réduit grâce au fait qu’une famille complète souscrit en même temps. Plus la famille sera nombreuse et plus ce coût par personne réduira. De surcroît, certains assureurs permettent des ajustements en fonction des besoins des différents membres de la famille. Tel enfant aura peut-être plus de besoin sur l’optique quand un des parents pourra mieux se couvrir sur les frais hospitaliers par exemple.

Le gros inconvénient, c’est le coût global mensuel. Car la charge peut s’avérer lourde pour une famille. De plus, plus l’enfant vieillit, et plus les avantages de la mutuelle familiale s’amenuisent. Pensez également qu’un enfant en étude supérieure (entre 18 et 24 ans inclus) ne pourra plus intégrer la mutuelle familiale, mais devra passer à une mutuelle individuelle. Bien souvent, une mutuelle étudiante.

 

La mutuelle individuelle.

La mutuelle individuelle, c’est la mutuelle de base, s’appliquant à tous les individus, indépendamment de sa fonction dans la société, de son emploi et de son statut social. L’avantage numéro un d’une mutuelle individuelle, c’est qu’elle est bien individuelle. C’est-à-dire qu’elle est forcément adaptée aux besoins de l’individu qui y souscrit. Chacun peut donc voir midi à sa porte et choisir son contrat en fonction de sa capacité financière et de ses besoins sanitaires. Le seul défaut de ces contrats, c’est que les montants de cotisation peuvent parfois faire peur. Dans les faits, les personnes aisées seront toujours mieux couvertes que les plus précaires…

Et venons maintenant aux faits. Comment choisir sa mutuelle individuelle ou familiale en fonction de ses besoins et des chiffres annoncés ?

 

Comparer deux offres de mutuelles.

Pour commencer, il est préférable de savoir sur quelles prestations vous souhaitez être le mieux couvert. Puis, vous comparez les niveaux de demande de devis - nos conseilsgarantie. Le niveau de base, comparable à celui de nombreuses mutuelles d’entreprises, se contente de rembourser le ticket modérateur et de prendre en charge toutes vos consultations. A condition toutefois que vous respectiez le parcours de soin et que vous évitiez soigneusement les praticiens qui pratiquent le dépassement d’honoraire. Dans les faits, souscrire une mutuelle au premier niveau de garantie n’a pas réellement d’intérêt, si ce n’est la prise en charge des frais d’hospitalisation de base.

Plus vous grimperez dans les formules proposées, et plus vous trouverez des prises en charge plus larges. Les dépassements d’honoraires des médecins à hauteur de 200 % de la prise en charge de la sécurité sociale, la prise en charge de médecine dite de confort comme l’ostéopathie ou l’acupuncture, des forfaits dentaires ou optiques plus ou moins complets, ou les frais intégraux de vos séjours hospitaliers sont alors couverts. Et c’est justement là que les choses deviennent compliquées. Parce que chaque assureur est libre de construire ses niveaux de garantie comme il l’entend en fonction de la cotisation qu’il réclame.

C’est donc bien à vous de savoir ce dont vous avez réellement besoin, et d’éliminer le reste. Optez donc en priorité pour des mutuelles qui vous laisseront choisir vos niveaux de garanties indépendamment les unes des autres, car ce n’est pas toujours le cas. Niveau 1 sur les soins courants, 2 sur l’hospitalier et 3 sur le dentaire et l’optique par exemple. Puis, en fonction des résultats en termes d’indemnisations et de coûts, comparez. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait pour vous sur ce site dans nos pages relatives aux différents assureurs.

Mais un autre détail peut encore venir perturber votre compréhension et compliquer votre choix. Alors que certaines compagnies ou mutuelles s’expriment en pourcentage, d’autres choisissent le forfait. Alors…

 

Pourcentage ou forfait ?

Attention aux chiffres ! Ils sont souvent trompeurs. Lorsque vous voyez un fort pourcentage s’afficher (de l’ordre de 200 %, par exemple), n’oubliez pas qu’il s’agit du pourcentage de la base de remboursement de la sécurité sociale, et surtout pas du pourcentage de vos frais réels. Ceci est très important. Pour connaître votre montant de remboursement, il faut donc commencer par connaître le montant remboursé par votre caisse de sécurité sociale.

Prenons un exemple. Ce sera plus parlant. Si vous devez consulter un psychiatre, la base de remboursement de la sécurité sociale du régime général est plafonnée à 39,70 €. Et le taux de remboursement est, quant à lui, limité à 70 %. Si votre mutuelle vous propose un remboursement à 100 %, elle complétera donc les 30 % que votre caisse de sécurité sociale ne vous indemnise pas. Vous devrez toutefois déduire le fameux Euro de participation forfaire.

Vous l’avez compris, si votre niveau de garantie vous propose un remboursement à 200 %, vous percevrez donc 2 x 39,70 € -1 €, décliné comme suit : 70 % de 39,70 € – 1 € par votre caisse de sécurité sociale, et 130 % de 39,70 € par votre mutuelle. Vous percevrez donc au total une indemnisation de 26,79 € + 51,61 € = 78,40 €. Bien entendu, si votre consultation vous a coûté seulement 60 €, vous ne percevrez pas plus que ces 60 €. Mais si elle était de 80 €, vous n’aurez au final à votre charge que 1,60 €…

demande de devis - nos conseilsPour chaque prestation, il est donc important que vous connaissiez les montants pris en charge par la sécurité sociale. Tant au niveau de la base de remboursement que du taux qui s’applique sur cette base.  Ensuite, vous ajoutez le complément de votre mutuelle. De cette façon, et en fonction de vos besoins réels annuels, vous pouvez savoir combien vous rapporte votre mutuelle en fonction de ce qu’elle vous coûte. En toute objectivité, si, comme moi, vous ne consultez jamais aucun médecin ni n’allez jamais à l’hôpital, il est sans doute inutile de souscrire une mutuelle…

Mais il existe une autre façon de voir les choses. En effet, surtout en ce qui concerne l’optique et le dentaire, dont les niveaux de remboursement ont fortement réduits dans les années 60, la base de remboursement de la sécurité sociale est proprement ridicule. Au mieux, une dizaine d’euros est remboursée. Dans ces conditions, il devient inutile de s’exprimer en pourcentage. Les assureurs proposent donc des forfaits annuels de remboursement. Ce qui permet d’y voir plus clair et de retrouver le sourire… D’autant que lorsque vous n’utilisez pas votre forfait une année, il peut être augmenté l’année suivante. Attention toutefois à l’optique, les forfaits pour changements de lunettes s’appliquent bien souvent tous les deux ans seulement.

 

Les prestations complémentaires et autres opérations commerciales.

Sur la base, toutes les mutuelles fonctionnent donc de la même façon. Reste à comparer les niveaux de garantie entre eux, les niveaux de remboursement et les cotisations annuelles des différents acteurs du marché. La différence se fait parfois ailleurs, et notamment sur les prestations d’assistance. Certains assureurs vous proposent ainsi de vous accompagner lors de vos séjours hospitaliers, lorsqu’une aide à domicile est la bienvenue.

Dans un autre registre, certaines compagnies ou mutuelles vous appâtent avec des remises, sous conditions. Prenez en note, mais ne vous précipitez pas, et effectuez votre comparaison remise incluse. Attention à ce qu’une remise sous conditions particulières ne se retourne pas contre vous à l’usage.  Dans la même veine, les assureurs s’associent de plus en plus à des réseaux de partenaires de soins. En d’autres termes, ils vous incitent fortement à vous diriger vers leurs partenaires pour vos lunettes et vos prothèses auditives ou dentaires.

Ces derniers ont accepté de baisser leurs tarifs pour leurs patients provenant de la mutuelle en question. De cette façon, vous payez le praticien moins cher et vous êtes mieux remboursé par votre mutuelle. Car cette dernière peut tout à fait conditionner ses remboursements en fonction du professionnel de soin que vous consultez. A première vue, ça paraît très bien. Mais ce procédé pose, à mon sens, un vrai problème de démocratie, puisque votre choix n’est plus entièrement libre, mais dirigé, et qu’il ne se fait pas en fonction de la compétence et du savoir faire du praticien, mais en fonction du prix qu’il propose.

 

Compagnie ou mutuelle ?

Un dernier point avant de vous laisser à votre réflexion, le choix de l’assureur en fonction de ses objectifs d’entreprise. Si vous êtes un tant soi peu militant et plutôt coopératif ou collectiviste, vous opterez facilement pou une mutuelle plus que pou une compagnie. L’exemple de la MAIF est criant à ce sujet. Une fois l’année écoulée et les bilans effectués, une compagnie comme Axa ou Allianz vont partager les bénéfices entre les actionnaires. Une mutuelle pourra répartir ces bénéfices sur les contrats de l’année à venir (en baissant les cotisations par exemple) ou offrir une remise exceptionnelle à ses clients sociétaires de l’année écoulée. C’est toute la différence entre une compagnie et une société mutuelle. Dans la seconde, le but recherché est réellement la prise en charge du soin, dans la première, le but recherché est le bénéfice de l’entreprise… à chacun de nous de savoir dans quel type de société il souhaite vivre…

 

Les devis.

Toute dernière précision. Sur notre site, nous avons réalisé différents devis pour une famille composée de deux adultes de 37 et 40 ans et deux enfants de 15 et 12 ans. Nous nous sommes calés sur un niveau de garantie équivalent pour toutes les complémentaires santé que nous avons croisé et avons passé en revue plusieurs compagnies et mutuelles. Dans chacune des pages relatives à ces assureurs, vous trouverez les devis que nous avons réussi à obtenir. Vous constaterez que les différences peuvent être assez impressionnantes pour des niveaux de garantie équivalents. Maintenant que vous savez comment faire pour effectuer votre choix, nous vous laissons consulter ces pages.